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Date de création : 13.09.2009
Dernière mise à jour :
19.01.2014
21 articles
Nous avons voulu, dans ce travail, montrer comment se fait le résumé d'un article scientifique. Le principe, pour ce faire, étant de garder le même système énonciatif, temporel et logique que celui du texte originel.
Aussi, par un décalage critique, nous avons procédé à un réinvestissement de la pensée sous-tendue dans le cadre de l'article étudié; cela relève donc du commentaire. Celui-ci suppose le détachement du commentateur de toutes les contraintes du résumé; marquant ainsi sa liberté à, surtout, évaluer le 'dit' de l'article examiné.
nous ne prétendons pas constituer ce travail en modèle. Nous l'envisageons comme esquisse ou proposition aux jeunes chercheurs (étudiants) qui éprouvent, très souvent, du mal à synthétiser, à mettre sur un plan critique ou sous-forme de parallélisme, les contenus scientiques des théoriciens.
Résumé de l’article de Benveniste : « La nature des pronoms »
Une tendance actuelle, dans la discussion sur la nature des pronoms, les mêle, d’un côté, dans une classe formelle et fonctionnelle unique ; de l’autre côté, les ramène aux questions liées au langage et à la langue. Nous optons pour l’étude des pronoms liée au langage. Ils ne sont pas une classe unique mais une diversité d’espèces selon qu’on est dans la syntaxe de la langue ou dans ce que nous nommerons les « instances de discours » où un locuteur, par la parole, actualise la langue.
Les trois constituants des pronoms personnels souvent mentionnés (je, tu, il) prêtent à équivoque puisque la notion même de « personne » s’applique mieux à je/tu, qu’à il.
L’étude de je, en contexte de pragmatique chez Charles Morris, montre que le locuteur qui l’utilise renvoie à sa propre personne ainsi que tous les signes qu’il mobilise.
Je/tu réfère donc à une « réalité de discours » définissable comme « locution » et non comme objet. Je est celui qui s’exprime et dont le discours est marqué par je, en tant qu’entité unique. Je ne doit être considéré que comme étant l’instance discursive référent à la fois à elle-même, mais aussi au discours proféré par je. Dans le cas d’une « allocution », le même parallélisme du je s’applique au tu, comme instance à qui on parle, renvoyant à elle-même et contenant tu.
Cette référence permanente aux instances du discours je/tu, implique aussi un ensemble d’« indicateurs » associés appelés deixis (pronoms, adverbes, locutions adverbiales). Dès lors, je/tu existe et se réfère à un espace-temps défini et conséquent.
L’important, ici, c’est le lien entre ces indicateurs et l’instance de discours ; parce que les formes « pronominales » ne renvoient ni à la « réalité », ni à des positions « objectives » mais à l’énonciation singulière qui les actualise. Leur rôle significatif s’avère crucial en communication inter-subjective où le discours du locuteur fait des signes « vides » préalablement, des signes « pleins ». Je est un signe unique, mais mobile, que chaque locuteur peut utiliser pour singulariser et référer à son propre discours. Je/tu sont, alors, des actes d’appropriation de la langue et du discours.
Tout cela ne s’applique pas à il. Renvoyant à une condition « objective », il correspond au mode de la non-personne où les instances de discours ne renvoient pas à elles-mêmes, mais à n’importe qui ou quoi en dehors de l’instance même et dotée d’une référence objective.
Par sa fonction et sa nature, il est différent de je/tu et remplit les fonctions de substituts abréviatifs (« Pierre est malade ; il a la fièvre »). Cette fonction s’attache aussi à certains verbes pour remplir la fonction de « représentant » syntaxique pour besoin d’économie. Il est bien une « non-personne » dans certains idiomes. Par exemple, les préfixes pronominaux possessifs présents dans les deux séries Yuma(Californie) où hors du rapport je/tu, la référence de personne est zéro.
Finalement, ce qui caractéristique la « 3e personne », c’est qu’elle se combine avec n’importe quelle référence d’objet ; elle ne renvoie pas à l’instance discursive ; elle a un nombre élevé de variantes pronominales et démonstratives ; elle n’est pas compatible avec les paradigmes d’ici, maintenant, etc.
Commentaire de l’article de Benveniste : « La nature des pronoms »
Emile Benveniste, théoricien de l’énonciation, a fait évoluer la réflexion sur les instances en présence en situation d’énonciation. Son ouvrage, Problèmes de linguistique générale, à travers l’article, « La nature des pronoms », soutient que les pronoms ne peuvent pas rentrer dans une seule et même classe : il faut, pour cela, distinguer le couple je/tu, véritables pronoms personnels, à il, relevant, lui, de ce qu’il convient d’appeler la « non-personne ». Ainsi répertoriés, Benveniste ouvre la voie à une série de continuateurs de sa pensée au point qu’on puisse se demander comment cette approche oppositionnelle a pu inspirer, et donc, influencer un théoricien comme Maingueneau. Benveniste ne contribue-t-il pas à renforcer les thèses bakhtiniennes sur le dialogisme ? Pour mieux comprendre cette problématique, nous présenterons, d’une part, les réflexions de Benveniste afin, d’autre part, de les intégrer dans le continuum de Maingueneau ; puis celui de Bakhtine en amont.
Dans cet article, Benveniste met en difficulté le système je/tu/il de la grammaire traditionnelle pour démontrer qu’en restant dans la logique sémantique du mot « personnel », retrouvé dans la dénomination de pronom personnel, on recourra à une catégorisation fonctionnelle de ceux-ci en deux ensembles distincts où ils joueront pleinement leur rôle.
Dès lors, en situation d’énonciation, je et tu(je/tu) correspondent bien à la notion de personne puisqu’ils sont directement mis en contexte ; ils référent à eux-mêmes. Benveniste précise que, nonobstant le fait que je soit un pronom personnel unique devant s’appliquer à l’infinité des locuteurs, il reste quand même unique parce qu’il singularise le locuteur qui s’actualise en faisant de son acte de parole, un événement subjectif. je a en lui une dimension pragmatique, actualisant l’instance émettrice en situation de discours. Autrement dit, je ne peut exister qu’en tant qu’auteur du discours référent à je, c’est-à-dire lui-même.
Tu fonctionne comme je. Pour Benveniste, tu représente « l’individu allocuté » dont la présence, dans le discours, est mentionnée par le pronom tu, renvoyant à cette instance de la situation de discours. Je/tu sont donc intersubjectifs parce que pouvant donner une dimension pleine aux signes vides, lorsqu’ils s’insèrent dans la situation d’énonciation.
Dès lors, le rapport entre je/tu s’avère plus systémique dans la mesure où leur coprésence, dans le discours, renforce l’idée qu’il n’y a pas de discours voué à la solitude. Tout discours posé est toujours dirigé vers une altérité explicite ou implicite. Du moins, je/tu sont des pronoms renvoyant à des instances actualisées en situation de discours. Ils ne renvoient qu’à eux-mêmes.
Benveniste fixe cette position en soulignant que je/tu supposent également la convocation de déictiques spatio-temporels conséquents marquant pleinement l’encrage de l’instance discursive dans ce chronotope.
Les localisateurs temps/espace sont liés au je énonciateur. Aucune possibilité de distinguer je/tu à ce contexte n’est envisageable puisque la deixis est contemporaine de l’instance de discours qui porte l’indicateur de personne[1].
Concernant la « non-personne », Benveniste souligne qu’elle ne renvoie pas à l’environnement de je ou tu, mais à une chose, une personne, ou, à une entité distincte et objective du sujet discourant. Pour Benveniste, la non-personne est le seul mode d’énonciation possible pour les instances de discours qui ne doivent pas renvoyer à elles-mêmes…muni d’une référence objective.[2]
Maingueneau, se référant à l’opposition de Benveniste sur je/tu vs il, l’a enrichie avec la notion de « rôle ». Il a nommé je (énonciateur), tu(co-énonciateur) et il(non-personne). Pour Maingueneau, même si la relation je/tu est une relation d’ « altérité », elle est d’abord et surtout une relation d’interdépendance : je/tu sont indissociables et réversibles[3].
En réalité, Maingueneau veut renforcer la position selon laquelle je/tu sont consubstantiels. C’est pourquoi il préfère parler de « co-énonciateur» pour marquer le caractère participatif de cette instance. Une énonciation ne se construit pas toute seule. Elle se construit avec la présence nécessaire de je et tu, instances fondamentales à toute situation de discours raisonnée.
Cependant, Maingueneau dira aussi que la « symétrie » à laquelle réfère Benveniste, parlant de je/tu, mérite d’être nuancée: je/tu sont en effet à la fois solidaires et opposés…On ne doit pas considérer qu’il y a symétrie entre les deux.[4]
En tout cas, cette focalisation sur les pronoms personnels je/tu, en relation de co-existence, nous permet d’établir un pont sur la dimension dialogique du langage développée par Bakhtine[5], bien avant Benveniste et Maingueneau. Pour ce dernier, l’acte de parole tient compte de l’identité de l’altérité. On ne peut pas affranchir le discours de cet environnement nécessaire où la présence de l’autre conditionne la production de mon énoncé à partir duquel les marques de l’allocutaire sont repérables.
Laurent Jenny, dans ce contexte de jumelage je/tu dans le discours, définira le dialogisme, selon Bakhtine, comme étant les formes de la présence de l’autre dans le discours…mon discours émane toujours d'autrui au sens où c'est toujours en considération d'autrui qu'il se construit.[6]
L’article sur « La nature des pronoms » nous a permis de souligner la répartition, par Benveniste, des pronoms en deux grands ensembles où je/tuil celui de la non-personne. Cette catégorisation nous a autorisé à porter notre attention sur le couple je/tu, qui, chez Maingueneau, a les attributs d’instances solidaires dans la co-construction intersubjective du discours. Evidemment, une telle visée de l’énonciation intègre aussi le caractère dialogique du langage en tant que entière ouverture à l’altérité. Au final, chaque courant linguistique sus-évoqué reconnait l’unité subjective je/tu dans le discours.
Bibliographie sélective
Maingueneau, D., Linguistique pour le texte littéraire, Paris, Arman Colin, 2007.
Benveniste,É., « La nature des pronoms » in Problèmes de linguistique générale, 1, Paris, Gallimard, 1966.
[1] E. Benveniste, « la nature des pronoms » in Problèmes de linguistique générale, I, Paris, Gallimard, 1966, p.253.
[2] Idem, pp. 255-256.
[3] D. Maingueneau, Linguistique pour le texte littéraire, Paris, Armand Colin, 2007, p. 16.
[4] Idem, p.9.
[5] Les travaux de Bakhtine ne sont pas pris en compte par Benveniste et Maingueneau car les traductions de cet auteur ne sont pas encore très vulgarisées en France. Il n’y a donc pas de lien d’influence directe entre ces trois théoriciens, mais, plutôt, des similitudes conceptuelles sur le système je/tu en situation d’énonciation.
[6]Laurent Jenny, « Dialogisme et polyphonie », article consulté dans le site WWW.unige.ch/lettres/framo/enseignements/methodes/dialogisme/index.html Article consulté le 5/9/2009 à 14h51.
est ce que vous pouvez m'envoier l'article svp??je veux un article pour me vulgariser avec la nature des pronomsEcrire un commentaire